Halte au massacre !

Dans
le numéro 56 de la revue A&A d’octobre 1987, exemplaire
retrouvé par hasard dans une caisse de vieux livres à la brocante,
j’ai lu cet article écrit par notre ami et ex président Xavier
Slypen.

Il
traite d’un sujet qui est plus que jamais au centre de
l’actualité : la sauvegarde des espèces protégées qui
vivent (ou survivent) dans nos rochers et aux alentours.

Dans
le cadre des directives européennes Natura2000, l’article de
Xavier revêt une importance capitale. Je le livre à votre
réflexion.

Ce
printemps, par un dimanche pluvieux, je remonte de la Jeunesse et
quelle
n'est
pas ma joie de voir sur le côté du sentier trois belles orchidées.
Quel
réconfort, Freyr, tant décriée pour ses détritus semés un peu
partout, dont les pentes sont ravagées par les descentes hors
chemins, Freyr donc vivait
encore.

Pas
pour longtemps malheureusement. Le dimanche suivant fut ensoleillé.
Et ce fut la ruée des grands jours.

Rien
ne sert de vous le décrire, vous ne la connaissez que trop bien.
Toujours est-il qu'en allant au plateau, je veux aller revoir ces
fleurs.
Cueillies
! Première tristesse.

Plus
tard, sur le sentier de sortie du Pape, je trouve à nouveau deux
orchi­dées mais elles aussi coupées et abandonnées sur le
chemin. Pourquoi ?

Quels
sont les responsables de ce gâchis ? Touristes ? Grimpeurs ? Je ne
sais?

Mais
ce qu'il faut savoir, c'est que
les
orchidées sont menacées de dispari­tion, qu'elles sont
légalement protégées.
Alors,
il serait temps de conscien­tiser les gens. A moins que nous ne
voulions offrir à nos enfants une nature complètement détruite.

Le
problème n'est pas propre aux Fagnes.

A
quoi sert de cueillir les fleurs ?

La
plupart du temps elles finiront leur vie, oubliées dans la voiture.

Ou
alors, sur une table, pour le plaisir égoïste de décorer son
"chez-soi", les autres n'ayant plus le droit de les admirer
après le passage de ces incons­cients.

Pour
éviter cela, pourquoi ne pas adjoindre aux panneaux disposés à
Freyr, une
affiche
montrant les fleurs protégées en Belgique.

En
effet, il est évident que même si on sait que telle fleur est en
voie de
disparition,
on n'est pas censé la reconnaître. Par ces affiches, il n'y au­rait
plus d'excuses.

Si
cela pouvait faire prendre conscience que si l'on veut passer ses
week-ends
dans
la nature, il faut commencer par la respecter, ce serait déjà un
grand
pas.

Xavier Slypen

A&A
n°56 – 10/1987