La Sage (Suisse) février 2008

Lasage 2008 – Blaisec

Le
mail tant attendu de Christian est enfin arrivé: météo ok, nous
partons trois jours dans le Val D'Hérens.

 Rendez-vous
samedi 9 h sur la place Des Haudères.

Grande
concertation: où ? exposition ? qualité de la neige? difficulté ?
dénivelé ?

Yves
nous a fait faux bond pour une histoire d'épaule. Christian assure
la suppléance secondé par Marc et Didier. Nous, les femmes,
écoutons sagement. L'objectif de ce jour sera La Palanche de la
Cretta -2926m- soit un bon mille mètres de dénivelé.

Départ
sur un chemin presque carrossable puis très vite nous sommes dans
les alpages. La neige est bonne, le soleil nous chauffe (peut-être
même un peu trop !). Un premier arrêt à côté d'un chalet nous
permet de découvrir et d'admirer un paysage qui s'ouvrira encore
plus haut au fur et à mesure de la montée: Veisivi, l'aiguille de
la Tsa, le mont Collon, la Dent Blanche, la couronne de Bréona…

La
montée reprend, lente, régulière. Quelques rares personnes nous
dépassent.

Le
silence de la montagne…
seulement rythmé par le glissement des skis sur la neige, le
claquement des fixations à chaque pas.

Un
gros rocher, une croix, l'endroit idéal pour la deuxième pause. Le
groupe se reconstitue. Chacun apprécie la vue. Le Weisshorn apparaît
avec son gendarme caractéristique. Une arête rocheuse apparaît
doucement en arrière-plan: le Cervin dans toute sa splendeur. C'est
grandiose!

Nous
poursuivons vers le sommet, chacun à son rythme et chacun à son
tour nous y parvenons: une petite arête rocheuse nous conduit au
cairn. Belles émotions. Vues magnifiques. Soleil généreux, ciel
bleu, grand beau ! Un couple suisse a monté le réchaud, la fondue,
ils partagent leur repas: jamais fondue ne m'a paru aussi bonne!

Il
faut cependant quitter ces lieux enchanteurs. Descente en une heure
vers les voitures dans une bonne neige.

Nous
découvrons ensuite « le Grand Hôtel de La Sage », style
début vingtième siècle, havre de paix, confort, souper aux
chandelles, ambiance…

 

Une
bonne nuit, un excellent petit déjeuner et nous voilà à nouveau
sur nos skis. Objectif de ce dimanche: le mont Etoile -3328m- soit
environ 1600 mètres de dénivelé. C'est du sérieux !

Au
départ du lieu-dit « la Gouille », nous cheminons à
travers bois. Un sentier entre les sapins, la neige est bien dure,
les couteaux sont utiles. La progression est technique.

Nous
longeons le lac Bleu partiellement couvert de neige et de glace,
poursuivons puis arrivons dans les alpages. Christian repère un gros
caillou et propose une première pause. Certains organismes sont un
peu entamés… Bernadette et Marianne préfèrent ne pas poursuivre.
Elles vont profiter du soleil qui arrive doucement et du paysage déjà
magnifique à cet endroit.

La
pente est régulière, la neige se transforme, les peaux accrochent
mieux. Nous admirons l'agilité d'un chamois dans une barre rocheuse.
Le vallon s'élargit, nous serons bientôt sur un plateau où les
traces quittent celles qui se dirigent vers la pointe de Vouasson. Le
refuge des Aiguilles Rouges nous domine un moment.

Marc
choisit une crête quasi vierge de trace. Il faut remonter le long de
la crête, la neige botte, il faut faire la trace mais quelle magie
d'évoluer tel un funambule sur le fil de cette arête.

Suivent
quelques « z » où nous peaufinons notre technique des
conversions en montée, puis une longue traversée dans une neige
humide, lourde.

Enfin
nous atteignons l'arête rocheuse. Il faut déchausser et continuer à
pied. Un terrain schisteux, une centaine de mètres et nous
atteignons le cairn… mais ce n'est pas le bon !! Le sommet est plus
loin encore ! Pour l'atteindre, il nous faudra parcourir une arête
effilée à souhait, en schiste friable parfois dissimulée sous un
bouchon neigeux. Le vide est bien présent, pas le droit à l'erreur.
Je m'y engage prudemment, parfois à califourchon. Un peu
d'adrénaline et j'arrive enfin à ce cairn. 3242 m à l'altimètre.
Je crie ma joie. Marc me rejoint… Que d'émotions dans cette
étreinte ! Courte pause pour admirer le paysage à 360 degrés ;
que du bonheur. Quelques minutes inoubliables dans ce lieu magique.

Retour
le long de l'arête, nous retrouvons Christian, nos skis et entamons
la descente. La fatigue de la montée, le stress de l'arête, la
qualité médiocre de la neige… Le retour sera un peu plus
difficile mais nous garderons un souvenir inoubliable de l'ambiance
de cette journée… qui, après une douche réparatrice, se
terminera par un excellent souper aux chandelles dans notre hôtel si
accueillant.

 

Troisième
jour, troisième vallon… Nous restons sur le même flanc de la
montagne: de l'autre côté, la neige a disparu sous l'effet du
soleil. Nous démarrons d'Arolla, direction le col des Ignes -3200m-
encore un bon 1000 mètres à monter.

Départ
à l'ombre à nouveau, neige dure, les couteaux sécurisent. Après
une bonne heure, nous atteignons un plateau bien dégagé au soleil.
La terrasse d'un magnifique chalet en bois nous invite à une halte,
nous pouvons y admirer notre montagne d'hier.

Ensuite,
un long vallon en pente douce, le vent s'y engouffre, il fait plus
frais. L'orientation change, nous sommes à l'ombre. Quelques « z »,
de belles conversions parfois techniques. En montant nous rejoignons
peu à peu le soleil, sa lumière crée un effet magique sur la
neige: on croirait des milliers de brillants.

Puis
le col, la vue s'ouvre sur l'autre versant, on y devine le refuge des
Dix au pied du Mont Blanc de Cheilon. Nous nous régalons de ce
paysage avant d'entamer la descente dans une neige poudreuse à
souhait. Retour aux voitures vers 14 h. Ce soir, le souper se
déroulera loin des chandelles, le long de l'autoroute ; le
charme n'y est plus mais nous avons fait le plein d'images,
d'émotions, d'amitié aussi.

Week-end
100 % réussi. Merci
Yves, Christian et les autres mais aussi au soleil d'avoir répondu
présent, à la montagne. Quel pays extraordinaire, nous y
reviendrons bientôt.

 

 

 

Christiane
Blaise Bernadette,
Marianne, Christiane, Christian, Marc, Didier

 

La Sage (Suisse) février 2008